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PRESTATAIRE DE SERVICES
Sensibilisation aux médicaments pour les intervenants de soutien
Vous n'êtes pas infirmière ou infirmier. Vous êtes la personne posée qui remarque ce qui est dans le pilulier, ce qui n'y est pas, et où se situe la ligne entre aider et la franchir.
Ce module est une courte leçon et une vidéo d'accompagnement. La ligne au cœur de ce module est courte : rappeler, observer, noter. Ne jamais administrer. Tout le reste du module est la forme humaine de cette ligne, dans les cuisines et les salons où vous travaillez vraiment.
Ce que vous pouvez faire, et ce que vous ne devez jamais faire
La ligne entre rappeler et administrer n'est pas une question de paperasse. C'est une ligne de sécurité. La franchir met la personne âgée en danger et vous met à risque d'être responsable d'une décision clinique qui ne vous revient pas.
Ce que vous pouvez faire
- Rappeler. « Sylvie, vos pilules du matin sont sur le comptoir. » C'est rappeler.
- Pointer. Montrez-lui la case. Montrez-lui la coupelle. Montrez-lui le verre d'eau. Votre doigt est permis ; votre main sur les pilules ne l'est pas.
- Observer. Remarquez quelle case est pleine, quelle case est vide, si elle a pris quelque chose ce matin.
- Noter. Écrivez ce que vous avez observé dans l'application iCaria à la fin de la visite. Des phrases factuelles. Aucune affirmation clinique.
- Lui tendre un verre d'eau si elle demande de l'eau. L'eau, vous pouvez la tendre ; les pilules, non.
Ce que vous ne devez jamais faire sans directive d'une infirmière
- Administrer. Ne prenez pas la pilule. Ne la mettez pas dans sa main. Ne la mettez pas dans sa bouche.
- Préparer le pilulier. Ne remplissez pas le pilulier. C'est la famille, une pharmacie ou une infirmière qui remplit le pilulier. Pas vous.
- Changer une dose. Ni la moitié. Ni le double. Ni un saut. Même pas si elle ou un proche dit que c'est correct.
- Substituer. N'échangez pas une pilule pour une autre qui « lui ressemble » provenant d'un autre flacon.
- Écraser, fractionner ou cacher une pilule dans la nourriture à moins qu'une infirmière n'ait écrit une directive disant exactement cela.
La ligne claire est « pas de directive infirmière, pas d'administration ». Si une infirmière de l'équipe de soins de la famille a écrit une directive claire (signée, datée, précise) selon laquelle vous devez aider à l'administration, suivez-la exactement. Sans cette directive, la réponse est toujours rappeler, jamais administrer.
Lire un pilulier ou un horaire
Le pilulier hebdomadaire à sept compartiments est l'un des outils de médication les plus courants que vous verrez. La version à quatre compartiments matin/midi/soir/coucher est également courante. Les deux sont conçus pour que n'importe qui, y compris la personne âgée elle-même, puisse voir ce qui a été pris et ce qui ne l'a pas été.
Vous lisez le pilulier avec vos yeux, pas avec vos mains. Ce qu'il faut regarder :
- La case d'aujourd'hui est-elle vide ou pleine ?
- La case d'hier est-elle encore pleine ?
- Plus d'une journée de doses a-t-elle été laissée plus tôt dans la semaine ?
- Le nombre de pilules dans la case d'aujourd'hui correspond-il à ce dont vous vous souvenez des visites précédentes, ou la famille a-t-elle ajouté ou retiré quelque chose ?
Ce que vous faites quand une case est encore pleine depuis un jour précédent :
- Ne déplacez pas les pilules.
- Ne les jetez pas.
- Mentionnez-le à Sylvie d'une voix calme. « Sylvie, la case de mardi est encore pleine. On est mercredi. »
- Écrivez ce que vous avez vu dans l'application iCaria à la fin de la visite.
- Si c'est le deuxième ou le troisième jour manqué dans la semaine, envoyez un message au défenseur le jour même.
Les effets secondaires à signaler le jour même
On ne vous dira pas les noms des médicaments de Sylvie, et vous n'avez pas besoin de les connaître pour bien faire cette partie. Ce que vous surveillez, ce sont les changements chez elle, pas dans le flacon.
Message au défenseur le jour même quand vous voyez :
- Une nouvelle confusion qui n'était pas là à votre dernière visite.
- Une somnolence sévère, un discours pâteux, ou de la difficulté à rester éveillée.
- Une nouvelle instabilité ou un trébuchement qui suggère un risque de chute dans l'heure.
- Un changement de respiration (plus rapide, plus lente, plus difficile que d'habitude).
- Une nouvelle éruption cutanée, un gonflement du visage ou de la gorge, ou de l'urticaire.
- Des vomissements nouveaux aujourd'hui, surtout avec l'un des éléments ci-dessus.
Vous remarquez, vous ne diagnostiquez pas. Votre note ne dit jamais « elle fait une réaction à la nouvelle pilule ». Elle dit « elle est instable aujourd'hui, son discours est lent, son visage paraît rouge, et son équilibre est moins bon que mardi dernier ». Le défenseur et l'équipe de soins prennent la suite.
Quand la famille vous demande d'administrer
Cela arrive. Le fils de Sylvie vous tend la pilule et dit « elle vous fait confiance, donnez-la-lui juste cette fois-ci, je suis en retard ». La famille n'essaie pas de vous piéger. Ils sont fatigués. Ils font de leur mieux. La réponse reste non.
Comment refuser avec gentillesse :
- « Je peux la lui rappeler, mais je ne peux pas mettre la pilule dans sa main. Laissez-moi lui montrer la case et lui verser un verre d'eau. »
- « Je n'ai pas le droit de donner un médicament. Ce n'est pas sécuritaire pour elle, et la règle est la même pour chaque intervenant. Je peux rester avec elle pendant qu'elle la prend elle-même. »
- « Si vous souhaitez un arrangement différent, votre défenseur iCaria peut aider à trouver une infirmière qui pourrait venir pour la partie médication. »
Vous n'avez pas à vous excuser. Vous faites ce qu'il faut. La ligne protège Sylvie. La ligne vous protège aussi.
La ligne vers la protection
La plupart des situations de médication concernent le rappel et la prise de notes. Certaines basculent vers quelque chose de plus grave, et le chemin de protection s'ouvre. Envoyez le message au défenseur le jour même quand vous voyez l'une de ces situations.
- Une personne du foyer semble retenir les médicaments de Sylvie volontairement.
- Une personne du foyer semble prendre les médicaments de Sylvie pour elle-même.
- Sylvie vous dit qu'elle a peur de prendre ses pilules, ou que quelqu'un la force à en prendre plus que ce que dit le flacon.
- Vous voyez des pilules mélangées à la nourriture sans directive infirmière, d'une manière qui suggère qu'on les lui cache.
- La médication de Sylvie a changé de façon importante depuis votre dernière visite, et personne dans la famille ne semble savoir pourquoi.
Votre rôle est d'envoyer le message de manière factuelle. Le défenseur et l'équipe de protection décident de la suite. Vous n'enquêtez pas. Vous ne confrontez pas le proche aidant. Vous ne restez pas dans une situation qui vous semble dangereuse.
Comment rédiger la note pour la famille
Votre note va dans l'application iCaria, attachée au rendez-vous. Trois courtes phrases suffisent.
- Ce que vous avez observé dans le pilulier (quelles cases étaient pleines, lesquelles étaient vides).
- Ce que vous avez dit à Sylvie à ce sujet, et ce qu'elle a répondu.
- Tout changement chez elle que vous avez remarqué (son équilibre, son discours, sa couleur, son humeur) par rapport à votre dernière visite.
Les notes moins bonnes présument la cause.
- « La nouvelle pilule bleue lui donne des vertiges. »
- « Elle ne prend pas ses pilules exprès. »
- « Son fils cache ses médicaments. »
Vous voyez la différence. L'observation vous appartient. Le diagnostic et les motivations appartiennent ailleurs.
La pensée de clôture
La ligne entre rappeler et administrer peut sembler restrictive. Elle ne l'est pas. C'est la ligne qui vous permet d'entrer chez Sylvie chaque mercredi sans devenir responsable d'une décision plus grande que votre rôle. Tenir la ligne, avec gentillesse et clarté, est l'une des choses les plus professionnelles que vous faites. Toute l'équipe de soins compte sur vous pour la tenir.
Points clés à retenir
- Rappeler, pointer, observer, noter. Ne jamais administrer, préparer le pilulier, changer une dose, ni cacher une pilule dans la nourriture sans directive d'une infirmière.
- Lisez le pilulier avec vos yeux, pas avec vos mains. Une case manquée est une information, pas un problème à régler.
- Message au défenseur le jour même pour une nouvelle confusion, une somnolence sévère, un discours pâteux, un changement de respiration, une éruption ou un gonflement, ou de nouveaux vomissements.
- Refusez gentiment une demande familiale d'administrer : « Je peux rappeler, je ne peux pas donner. Laissez-moi lui montrer la case. » Redirigez vers le défenseur si la famille a besoin d'un autre arrangement.
- Envoyez le message de protection au défenseur le jour même si vous soupçonnez une rétention, un vol, un dosage forcé ou des pilules cachées.
Retrouver ce module Ouvrez Formation depuis votre portail à tout moment pour revenir à ce module. C'est une courte leçon, une courte vidéo d'accompagnement et un questionnaire de connaissances. Vous repassez le questionnaire chaque année lorsque vous renouvelez votre certification. Ce module devient requis à votre prochain renouvellement annuel après la publication.